Il faut bien admettre que notre motivation n'était plus du tout à 100% puisque nous avions tout de même atteint notre but initial, à savoir arriver à Saint Jacques de Compostelle en vélo en partant de Bruges.
J'ai aussi eu le bonheur de revoir ma fille Isabelle qui me manquait depuis plusieurs années; je suis heureux de voir qu'elle se porte bien et qu'elle réussit tout autant dans sa vie professionnelle, ce qui est important pour un père. Merci encore une fois à elle qui nous a bien aidés quand nous en avions besoin, la connaissance de la langue espagnole nous faisant défaut.
Donc bilan très positif entaché d'une année pourrie au point de vue météo. Nous sommes partis tôt, le 10 mars escomptant trouver un temps idéal dès que nous serions en Espagne et tout le long du chemin du retour pour arriver en France en juin où la température n'est pas encore excessive. Eh bien non, ce fut complètement raté. Bien d'autres que nous, marcheurs ou cyclistes auront aussi dû souffrir de ce mauvais temps.
Beaucoup de volonté fut nécessaire pour chaque fois gravir tous les obstacles, mais la douche du soir nous remettait toujours d'aplomb pour que le lendemain nous ayons à nouveau un moral d'acier.
Bien que Maria soit tombée 4 fois de son vélo plus une fois dans la douche, et moi, 3 fois de mon vélo, nous n'en avons gardé aucune séquelle et nous avons pu continuer notre route, parfois après un repos forcé de quelques jours. Nous avons toujours été à temps, en fait, toujours en avance, pour nos rendez-vous, à Cabrières d'Avignon, à Figueres et Oviedo, sans devoir exagérer en nombre de kms.
Après coup, en vous relatant notre aventure et en revoyant ces photos, je me demande comment nous avons pu faire tous ces kms et gravir toutes ces côtes, chargés comme nous l'étions, sans jamais souffrir du dos, ni des jambes ou encore du cou. Chose exceptionnelle pour moi, je n'ai même pas souffert du postérieur sauf les 2 dernières semaines. Il faut dire que j'avais acheté une selle "Brooks" la B17 avec suspension peu avant notre départ, en espérant remédier à ce problème très lassant et tuant pour le moral. Et ce fut un succès bien que le rodage ne soit pas terminé le jour de notre départ.
Comment a-t-on pu faire tout ça? Simple, étape raisonnable par étape, km après km, côte après côte, avec un amour certain pour la bicyclette.
Nous avions les outils ad hoc, à savoir GPS pour nous orienter et smartphone pour téléphoner ou chercher et réserver notre refugio ou hôtel par Booking.com pour ne citer que lui.
Nous ne voulions pas tout préparer car beaucoup de facteurs peuvent causer un retard inattendu et il n'y avait pas de stress particulier puisque nous avions confiance dans nos outils.
En cas d'urgence, nous avions la tente avec nous, donc, cool. Maria a toujours été prévoyante au niveau nourriture, évitant qu'une grosse fringale ne nous prenne au dépourvu.
Nous sommes tous les deux fiers, donc, mettre pied à terre était pour nous la dernière chose à faire; ça aide aussi, sans oublier le fait que Maria est une vraie locomotive en vélo, principalement le matin, au moment où je ne suis pas encore au top. L'après-midi la vapeur s'inverse et c'est moi qui tire un peu le convoi quand la cadence faiblit, donc l'harnachement idéal pour conduire le convoi à destination, jour après jour.
Nous avons pris un peu trop de choses avec nous; nous ne ferons plus la même erreur, y compris la tente, mais nous pensions nous en servir en France sur le trajet du retour, lorsqu'il ferait beau et meilleur. Nous avons stoppé avant même de pouvoir nous en servir.
Depuis que nous avons réintégré nos pénates, nous avons certainement attendu 2 semaines avant d'enfourcher à nouveau nos montures, mais depuis nous parcourons régulièrement nos 60kms afin de garder un minimum de condition physique avant de repartir, probablement en septembre, pour un circuit le long du Danube à partir de sa source vers Budapest, aller et retour, le tout en fonction de la météo qui n'est pas souvent extra en Autriche; nous verrons.
A tous ceux qui y pensent, je dirai simplement, n'hésitez pas, faites le si vous vous reconnaissez dans ces quelques lignes.
Préparez vous un minimum physiquement, en sachant que la forme viendra de toute façon au fur et à mesure des kms parcourus, surtout si vous êtes plus jeunes que nous.
Utilisez du bon matériel afin de vous éviter des énervements inutiles.
Je voudrais terminer par un peu de statistiques.
Distances:
- Assebroek - Compostelle via Barcelone 3005kms
- Compostelle - Bilbao 691kms
- Lille - Assebroek 74kms
- Total 3770kms
- 52 jours en vélo
- 22 jours de repos (certains forcés)
Moyenne de 51kms/jour en comptant les repos, alors que j'avais misé sur 48.
Ce qui signifie qu'en tablant sur 50kms par jour de voyage, on peut plannifier la durée totale en fonction du kilométrage à parcourir; cela permet d'inclure des jours de visite.
Si mes souvenirs sont bons, nous roulions durant 5 à 6 heures par jour, donc une moyenne de 13km/h; pour le total du parcours cela nous fait 3770 / 13 = 290 heures de vélo, ce qui en fin de compte ne parait pas beaucoup, je trouve.
Sachant que ma cadence de pédalage est habituellement de 60 à 70 à la minute, nous aurions donné entre 1.044.000 et 1.218.000 coups de pédale, intéressant non? Et aucune douleur au genoux, fantastique, la jeunesse...
En espérant vous avoir diverti et donné l'envie de l'aventure(un bien grand mot) en vélo, faites de beaux rêves...
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