jeudi 18 juillet 2013

Epilogue

Un sentiment de travail non terminé parce que nous, ou plutôt, j'ai voulu abandonner vu les mauvaises conditions climatiques le long de la côte atlantique de l'Espagne et le relief très accidenté, ces deux facteurs conjugués ayant eu raison de ma bonne humeur et de mon plaisir de faire de la bicyclette.
Il faut bien admettre que notre motivation n'était plus du tout à 100% puisque nous avions tout de même atteint notre but initial, à savoir arriver à Saint Jacques de Compostelle en vélo en partant de Bruges.
J'ai aussi eu le bonheur de revoir ma fille Isabelle qui me manquait depuis plusieurs années; je suis heureux de voir qu'elle se porte bien et qu'elle réussit tout autant dans sa vie professionnelle, ce qui est important pour un père. Merci encore une fois à elle qui nous a bien aidés quand nous en avions besoin, la connaissance de la langue espagnole nous faisant défaut.
Donc bilan très positif entaché d'une année pourrie au point de vue météo. Nous sommes partis tôt, le 10 mars escomptant trouver un temps idéal dès que nous serions en Espagne et tout le long du chemin du retour pour arriver en France en juin où la température n'est pas encore excessive. Eh bien non, ce fut complètement raté. Bien d'autres que nous, marcheurs ou cyclistes auront aussi dû souffrir de ce mauvais temps.
Beaucoup de volonté fut nécessaire pour chaque fois gravir tous les obstacles, mais la douche du soir nous remettait toujours d'aplomb pour que le lendemain nous ayons à nouveau un moral d'acier.
Bien que Maria soit tombée 4 fois de son vélo plus une fois dans la douche, et moi, 3 fois de mon vélo, nous n'en avons gardé aucune séquelle et nous avons pu continuer notre route, parfois après un repos forcé de quelques jours. Nous avons toujours été à temps, en fait, toujours en avance, pour nos rendez-vous, à Cabrières d'Avignon, à Figueres et Oviedo, sans devoir exagérer en nombre de kms.
Après coup, en vous relatant notre aventure et en revoyant ces photos, je me demande comment nous avons pu faire tous ces kms et gravir toutes ces côtes, chargés comme nous l'étions, sans jamais souffrir du dos, ni des jambes ou encore du cou. Chose exceptionnelle pour moi, je n'ai même pas souffert du postérieur sauf les 2 dernières semaines. Il faut dire que j'avais acheté une selle "Brooks" la B17 avec suspension peu avant notre départ, en espérant remédier à ce problème très lassant et tuant pour le moral. Et ce fut un succès bien que le rodage ne soit pas terminé le jour de notre départ.
Comment a-t-on pu faire tout ça? Simple, étape raisonnable par étape, km après km, côte après côte, avec un amour certain pour la bicyclette.
Nous avions les outils ad hoc, à savoir GPS pour nous orienter et smartphone pour téléphoner ou chercher et réserver notre refugio ou hôtel par Booking.com pour ne citer que lui.
Nous ne voulions pas tout préparer car beaucoup de facteurs peuvent causer un retard inattendu et il n'y avait pas de stress particulier puisque nous avions confiance dans nos outils.
En cas d'urgence, nous avions la tente avec nous, donc, cool. Maria a toujours été prévoyante au niveau nourriture, évitant qu'une grosse fringale ne nous prenne au dépourvu.
Nous sommes tous les deux fiers, donc, mettre pied à terre était pour nous la dernière chose à faire; ça aide aussi, sans oublier le fait que Maria est une vraie locomotive en vélo, principalement le matin, au moment où je ne suis pas encore au top. L'après-midi la vapeur s'inverse et c'est moi qui tire un peu le convoi quand la cadence faiblit, donc l'harnachement idéal pour conduire le convoi à destination, jour après jour.

Nous avons pris un peu trop de choses avec nous; nous ne ferons plus la même erreur, y compris la tente, mais nous pensions nous en servir en France sur le trajet du retour, lorsqu'il ferait beau et meilleur. Nous avons stoppé avant même de pouvoir nous en servir.

Depuis que nous avons réintégré nos pénates, nous avons certainement attendu 2 semaines avant d'enfourcher à nouveau nos montures, mais depuis nous parcourons régulièrement nos 60kms afin de garder un minimum de condition physique avant de repartir, probablement en septembre, pour un circuit le long du Danube à partir de sa source vers Budapest, aller et retour, le tout en fonction de la météo qui n'est pas souvent extra en Autriche; nous verrons.

A tous ceux qui y pensent, je dirai simplement, n'hésitez pas, faites le si vous vous reconnaissez dans ces quelques lignes.
Préparez vous un minimum physiquement, en sachant que la forme viendra de toute façon au fur et à mesure des kms parcourus, surtout si vous êtes plus jeunes que nous.
Utilisez du bon matériel afin de vous éviter des énervements inutiles.

Je voudrais terminer par un peu de statistiques.

Distances:

  • Assebroek - Compostelle via Barcelone 3005kms
  • Compostelle - Bilbao 691kms
  • Lille - Assebroek 74kms
  • Total 3770kms
Durées:

  • 52 jours en vélo
  • 22 jours de repos (certains forcés)
Moyenne de 72,5kms par jour en vélo alors que j'avais misé sur 70.
Moyenne de 51kms/jour en comptant les repos, alors que j'avais misé sur 48.
Ce qui signifie qu'en tablant sur 50kms par jour de voyage, on peut plannifier la durée totale en fonction du kilométrage à parcourir; cela permet d'inclure des jours de visite.

Si mes souvenirs sont bons, nous roulions durant 5 à 6 heures par jour, donc une moyenne de 13km/h; pour le total du parcours cela nous fait 3770 / 13 = 290 heures de vélo, ce qui en fin de compte ne parait pas beaucoup, je trouve.
Sachant que ma cadence de pédalage est habituellement de 60 à 70 à la minute, nous aurions donné entre 1.044.000 et  1.218.000 coups de pédale, intéressant non? Et aucune douleur au genoux, fantastique, la jeunesse...

En espérant vous avoir diverti et donné l'envie de l'aventure(un bien grand mot) en vélo, faites de beaux rêves...


21/5 Bordeaux - Lille - Bruges 74kms

De bordeaux à Lille par TGV. La veille au soir, Maria, un peu beaucoup stressy, a absolument voulu faire une répétition générale avant le vrai départ du lendemain.
On a tout d'abord repéré l'ascenseur qui nous permet d'aller du rez-de-chaussée au sous-sol, en-dessous des voies. Ensuite on a constaté qu'il y avait 4 rampes d'accès au quai, donc pas d'escalier.
Encore faut-il que le TGV accoste à un de ces quais avec rampe d'accès! Personne n'a pu nous confirmer, car il semble que ça change d'une fois à l'autre. Tant pis on verra à ce moment-là.
Donc le 21/5, levée de bonne heure, pour être sûre de ne pas devoir courir, voilà notre première étape, l'ascenseur, qui se déroule sans problème; ça passe avec tout le bardas.
On n'a plus qu'à patienter dans les tunnels sous les voies jusqu'à l'arrivée du TGV; on est heureux de voir qu'il arrive à un quai avec rampe; chouette on ne devra pas tout décharger. 
La grand-mère assise près de moi me raconte qu'elle est venue visiter ses enfants en train car ils ne veulent plus qu'elle fasse de longues distances en voiture; elle conduit toujours.
Quand le TGV arrive, il faut aller tout à l'avant du convoi où se trouve l'emplacement pour les vélos. Naturellement, les gens, dès qu'ils voient qu'il y a de la place pour déposer leurs valises, ils en profitent même si c'est réservé pour les vélos. Heureusement Maria joue à la gendarmette afin que nous puissions stocker nos bicycles. Il faut tout de même tout décharger parce que contrairement à l'Espagne, en France, ils n'ont pas songé à mettre les quais à la même hauteur que le plancher des trains. Ils ont beau dire "On n'a pas de pétrole , mais on a des idées!", on se demande parfois à quoi ils pensent ces ingénieurs, pas ingénieux. Il a donc fallu se dépêcher pour arriver à ranger le tout à temps. Ouf, assis, on peut souffler, on arrivera à Lille comme prévu.

Lille, 14h30 environ, on décharge tout notre matériel, on ajuste les KWs car il pleut. Eh oui, ça continue. Le GPS a son cap vers Bruges, on peut y aller.
On roulera pendant 5h30' pour arriver à destination après 73,5kms, par un fort vent de face et la pluie qui nous empêche de voir au travers de nos lunettes. Moyenne de 13,4kms/h sur terrain plat, pas fiers. Frigorifiés, on est gentiment et chaleureusement accueillis par les voisins de Maria qui nous invitent à prendre un verre chez eux, assis au coin d'un bon feu de bois. On se débarrasse de nos vêtements de canards, et, zou, en face pour un verre de Cava. Oh que ça fait du bien d'être au chaud, merci voisins pour cet accueil.
On dormira bien et longtemps cette nuit-là, contents de retrouver un lit connu.

20/5 Visite de Bordeaux

Après un souper modeste la veille, dans un resto en face de la gare où on a, à nouveau, pu apprécier la cuisine française, retour à l'hôtel car aujourd'hui on a décidé de visiter Bordeaux, ville où l'on passe sans jamais prendre la peine de la visiter.
On ne prendra pas le chemin le plus court pour arriver au centre, loin de là, ma boussole étant semble-t-il déréglée... Tout ce détour nous a permis de passer par des quartiers peu reluisants où se côtoient toutes les races et nationalités; il fait sale et les bâtiments ont besoin d'un sérieux coup de balais et de sableuse, vraiment pas attrayant.
Une fois à proximité du centre, les choses s'améliorent nettement.
Hum, jolie cette impudique "Natura". 
Place de la Victoire... 


...avec la porte d'Aquitaine. 
Tiens icic aussi il y a un camino... 
 Statue en l'honneur du maire de Bordeaux Jacques Chaban Delmas. 
Tour Pey-Berland qui jouxte la cathédrale Saint André

Cathédrale Saint André, merci internet pour cette jolie photo.





Sur la place de cette cathédrale, un resto où nous mangerons bien. 

Le moelleux au chocolat... 
On est déçu par son dessert, chef? Peut-être le biscuit trop dur à couper? 
La mairie, pas très frais le bâtiment; ce serait plus attirant sous le soleil... 
Enfant de géant!?! 
Tour de l'horloge, d'un côté...

... et de l'autre. 

19/5 Bilbao - San Sebastian - Hendaye - Bordeaux en train

La veille, aidés par Isabelle, nous avons réservé les trains d'Hendaye à Bordeaux et puis le TGV de Bordeaux à Lille. La veille au soir, nous sommes allés jusqu'à la gare toute proche pour nous informer et voir comment se présentaient les lieux. Il n'y a qu'un guichet automatiqe et des portillons comme dans les stations de métro. Heureusement il y a un portillon pour handicapés par lequel on pourra passer avec nos vélos chargés, ouf. Mais il faut aller sur l'autre quai!!!
Un passant nous rassure un tant soit peu en nous disant qu'il y a un tunnel pour accéder à l'autre quai vers Bilbao. Pas très confiante, un peu stressy tous les deux, nous sommes éveillés tôt et chargeons les vélos vite fait, déposons la clef de la remise dans la boîte aux lettres de l'hôtel avant notre départ. En route vers la petite gare locale, à 10 minutes de Bilbao. On a pris soin d'avoir de la monnaie car les distributeurs automatiques de tickets ne son t pas toujours en ordre de fonctionnement pour rendre la monnaie quand on n'utilise pas le compte juste. Ok, on a obtenu nos 2 tickets. Les portillons passés sans encombre, on descend les escaliers du tunnel et à la remontée de l'autre côté, à deux , on arrive à hisser les vélos par les escaliers jusqu'au bon quai.
Quand le train s'arr^te, incroyable mais vrai, le plancher est à la bonne hauteur pour le quai, donc facile pour entrer dans le wagon; on laisse les vélos chargés simplement près des portes.
On arrive à Bilbao et je me rends au guichets pour obtenir nos billets vers Hendaye; je mentionne que nous avons des vélos et demande si ça ne pose pas de problème. La préposée qui ne parle que l'espagnol, comme d'habitude me fait comprendre que ce n'est pas possible avec les vélos, qu'il faut aller ailleurs en me montrant un endroit sur le plan qu'elle me donne gentiment; je suis catastrophé car je crois qu'il faut passer par un transporteur par camion ou que sais-je!?! Je me dis que ce n'est pas possible et je retourne tout penaud près de Maria. 
C'est tout ce que nous verrons de Bilbao.
On sort de la gare et on cherche à s'orienter sur le plan au moment où une voiture de police arrive. Je demande au policier, qui, oh miracle parle un peu l'anglais qu'il nous indique par où passer pour aller à cet endroit mentionné par la dame du guichet. Et c'est là, en arrivant sur place qu'on se rend compte qu'il s'agissait simplement d'une autre gare! Ouf, car le temps était un peu juste pour ne pas rater le train vers Hendaye.
Le chef de gare, je crois, nous voyant un peu perdu, ne sachant par où aller, se propose gentiment de nous aider. Il achètera nos billets de train pour Hendaye via un distributeur automatique et nous guidera vers le quai. Embarquement pour Hendaye.
A Hendaye, on quitte l'arrêt espagnol pour se rendre à la gare française où je dois retirer mes billets pour le train vers Bordeaux et pour le TGV vers Lille. Tout avait été réservé par Isabelle l'avant-veille, mais quand je demande s'il n'y a pas de problème avec les vélos, il s'avère qu'il n'y a plus de place pour les vélos dans le TGV ce jour-là même dans les trains plus tard. Il faut savoir qu'il n'y a de la place que pour 2 vélos par TGV, incroyable mais vrai. Zut, on devra rester une nuit à Bordeaux et prendre le TGV le jour suivant.
Et nous voilà partis d'Hendaye vers Bordeaux, tenant chacun notre vélo sous bonne garde.
On a réservé dans un IBIS Etape juste en face de la gare, donc facile pour prendre le TGV le lendemain. On tournera un peu en rond dans les environs de la gare avant de le trouver car le panneau est situé très haut et donc pas directement visible à hauteur des yeux. Quand on tient le vélo par le guidon, on regarde surtout devant soi et pas en l'air. Soit, on a finalement trouvé.

18/5 Laredo - Bilbao 55kms



Devinez ce qui se passe en quittant Laredo? Ben ça monte et pour ne pas changer il pleut; beurk on va encore être trempés sous le KW; 

Au loin, la mer pas très attirante par cette grisaille. 



Sévères pentes de 10% 

On ne monte jamais que de quelques centaines de mètres, mais ça n'arrête pas, tuant.
On arrive dans le pays Basque. 
Oui, vaincu, pouce vers le bas comme dans les arènes. Je remets mon tablier, ras-le-bol de ce temps pourri, de ces côtes à n'en plus finir au-dessus desquelles on nage dans sa sueur et après lesquelles il faut tout de suite repartir de peur d'attraper la crève en se refroidissant, tellement il fait froid et il y a du vent. Maria aurait bien continué, mais je lui ai dit que je n'avais pas atteint l'âge de 67 ans pour me faire ch... sur un vélo dans ces conditions. Décision prise, on rentre à la casa, mais plus en vélo contrairement à ce qui était prévu!!! Soulagés, nous apprécions une bonne bière. 
Pension Claudio, bâtiment complètement rénové et moderne, chambre impeccable, vélos dans une remise à côté de la porte d'entrée de l'hôtel. Quand nous sommes arrivés, on s'est demandés où nous étions tombés car le quartier n'était pas du tout reluisant par le genre de cocos qui s'y promenaient, situé près de la gare. J'avais opté pour cet endroit pour sa proximité de la gare ce qui nous faciliterait la visite de Bilbao, sans avoir les inconvénients du centre ville de Bilbao.


17/5 Santander - Laredo 68kms

Parcours accidenté sur les 2/3 du trajet pour se terminer plus calmement.
La pluie dès le départ. Nous sommes obligés de faire tout un détour pour éviter l'estuaire; àpartir de là on est partis dans les côtes pour un bon bout de temps.





Eux ne risquent pas d'avoir froid... 
Arrivée à Laredo après quelques kms de répit, sans côte; ça fait plaisir en fin de journée!
Après la douche, petite visite aux alentours et souper dans un resto le long de la plage.











Hôtel très correct, chambres très propres, rien à dire.
Le lendemain matin, on fera la connaissance de 2 pèlerins hollandais, cyclistes peu chargés qui nous disent que venant de Bilbao, ça grimpait sérieusement. Merci pour l'encouragement...